ART ET SCIENCE : DEUX VOIES PARALLÈLES POUR SONDER LE MYSTÈRE DU MONDE?

SAMEDI 10 MARS - 19H

ÈZE LE COL - Astrorama

Christian LOUBET

Professeur d'Histoire de l'Art à l’Université de Nice Sophia Antipolis

Stéphanie GODIER

Astrophysicienne, Docteur en Sciences de l’Univers, spécialiste de la physique solaire, enseignante, dirige depuis 2005 l’association Recherche et Avenir de Cannes

Depuis la Renaissance, les artistes inscrivent leur « inspiration » dans les règles d’un réalisme structuré, l’image du monde (perspective, proportions, harmonie géométrique). Léonard de Vinci voyait dans l’homme le concentré du monde, le "microcosme". Par la suite,  ils n’ont pas cessé de transgresser ces règles « académiques » dans l’expression spontanée de leur sensation. Ils iront jusqu’à traduire la « mélodie des sphères » dans une vision cosmique abstraite. Si cette vision croise parfois les découvertes des savants, l’inspiration subjective reste-t-elle irréductible au domaine rationnel ?

Notre monde est  à la fois défini par le Chaos et le Cosmos.

Comment l'ordre est-il né du chaos ?
En montrant ce que l'on a compris de l'Univers depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, et quelles sont les théories physiques qui dominent aujourd'hui ... La relativité d'Einstein, la physique quantique, la théorie des cordes, la matière noire, l'énergie sombre... nous verrons comment chacun de nous s'inscrit dans ce monde avec lequel il est en constante interaction.
Mais cette voie est-elle parallèle ou commune à celle empruntée par les artistes ?

 
 

CANNABIS, ANGE OU DÉMON?

MERCREDI 28 MARS - 20H30

AVIGNON - Restaurant Chez Françoise

Olivier MANZONI

Directeur de recherche Inserm en Neurosciences.

Institut de Neurobiologie de la Méditerranée (Inserm/AMU).

Après une thèse de Neuroscience à l'Université de Montpellier et une formation post-doctorale en Californie et dans l'Oregon, Olivier MANZONI s’est intéressé à la physiopathologie neuronale.  Directeur de Recherches INSERM à l'institut de Neurobiologie de la Méditerranée (Marseille) et Directeur du laboratoire international associé CannaLab (INSERM & Indiana University, USA), ses travaux de recherche portent sur les bases synaptiques des comportements socio-émotionnels, et l'influence des facteurs environnementaux et génétiques et des différences sexuelles sur le développement du système nerveux central.

Le cannabis est connu pour ses vertus médicales depuis des milliers d’années.  Fort des avancées de la recherche fondamentale et clinique, le voile se lève peu à peu sur le potentiel thérapeutique de cette plante, et de ses composants naturels. Cependant l’usage du cannabis est essentiellement récréatif et cet usage est extrêmement répandu. Tout ce qui est fait en excès est mauvais. Si l’on compare aux opiacées et à la cocaīne, le cannabis est moins dangereux, mais cela ne veut pas dire qu'il soit inoffensif

Anne-Laure PELISSIER

Professeur des Universités et Praticien Hospitalier dans le service de Médecine légale.

Centre Hospitalier Universitaire Timone, Marseille (APHM/AMU).

Anne-Laure PELISSIER est médecin biologiste, responsable du Laboratoire de Toxicologie Médicolégale du Service de Médecine Légale et expert près la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.

Le cannabis est la substance illicite la plus consommée en France. Son usage peut entraîner des troubles de la mémoire, une altération des perturbations temporo-spatiales et des performances psychomotrices qui rendent très dangereuses les activités dites « à haut degré de vigilance », telles que la conduite automobile. D’autre part, sa consommation régulière à l’adolescence, période où le cerveau est encore en maturation, pourrait participer au développement de certaines pathologies telles que la schizophrénie.

 

PEUT-ON REFONDER L'UNION EUROPÉENNE?

MERCREDI 17 JANVIER - 16H00

MARSEILLE - Bibliothèque Alcazar

Sébastien ADALID

Professeur de droit public à l’Université Le Havre Normandie.

Laboratoire d'Études en Droits Fondamentaux, des Échanges Internationaux et de la Mer.

Sébastien ADALID est Professeur des Universités, spécialiste de droit de l'Union européenne. Il est l'auteur d'une thèse portant sur : "La Banque centrale européenne et l'Eurosystème". Ses thèmes de recherche portent sur la zone euro, le droit qui la régit et les différentes crises qu'elle a subies. Depuis lors, il explore d'autres questions dont les marchés financiers et leur régulation, l'avenir de l'Union européenne, ou encore son histoire

Valérie MICHEL

Professeur de droit public à l’Université d’Aix-Marseille. Chaire Jean Monnet.

Laboratoire Droit international, comparé et européen – DICE (AMU/CNRS/Université de PAU/Université de Toulon)

L’union européenne est en crise : elle semble peiner à répondre aux défis majeurs (crise économique, crise des migrants voire crises sanitaires) et être lente à leur apporter des réponses efficaces.  Ces difficultés obligent-elles à changer l’union ? À la refonder c’est-à-dire à en changer les objectifs et les modes de fonctionnement ?

Il ne faut pas refonder l'Union européenne, mais la "re-fonder", repartir de zéro pour construire un projet et des institutions nouvelles. Changer l'Union européenne de l'intérieur est un projet impossible. L'histoire de l'Union et les spécificités de son fonctionnement juridique, institutionnel et politique ont fait naître des habitudes, des réflexes et des pratiques qui empêchent de bâtir un projet crédible de réforme.

 

Le projet européen est, par essence, un projet a-politique. Après les échecs des grands projets d'union politique, le choix a été fait d'une intégration technique par l'économie, opérée par des techniciens, notamment des juristes. Il se construit alors sur le mythe de la neutralité politique du projet, autour du grand marché. Ce faisant, l'intégration européenne contribue à l'uniformisation idéologique autour du marché comme seul dogme valable. En confiant ce pouvoir à des techniciens, l'intégration européenne contribue aussi à la réduction du pouvoir politique au profit de celui des techniciens. Il faut alors remettre en cause ces mythes fondateurs, remettre à plat l'ensemble du projet pour garantir sa pérennité.

Refonder l’Union est indispensable car l’on ne peut se passer de l’Union européenne, tant il est évident que les états européens sont plus forts réunis. 

Pour refonder l’Union, il faut commencer par arrêter d’en faire un bouc-émissaire – l’Union n’est finalement que ce que les États veulent bien qu’elle soit – et un enjeu de politique interne. En d’autres termes, les états doivent arrêter d’imputer à l’union tous leurs maux. Ils doivent assumer les choix opérés quand leurs représentants siègent et décident dans les instances européennes.

Pour refonder l’Union, il faut peut-être aller encore plus loin dans l’intégration, il faut rapprocher encore plus les états autour d’un droit qui leur est commun. Il faut sans aucun doute renforcer les contrôles opérés par l’Union elle-même sur les actions des états membres. Refonder l’Union conduit à plus d’Union et cela ne doit pas effrayer.  

L'HOMME DOIT-IL COLONISER L'ESPACE
POUR SURVIVRE?

VENDREDI 19 JANVIER - 17H30

MARSEILLE - Bibliothèque Alcazar

Michel MARCELIN

Directeur de recherche CNRS en astrophysique.

Laboratoire d’astrophysique de Marseille, OSU Institut Pythéas (AMU/CNRS/IRD).

Michel MARCELIN est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. Il étudie la rotation des galaxies, pour déterminer leur masse et traquer la matière noire au sein de ces objets. Il a observé avec de nombreux télescopes dans le monde, en Haute Provence mais aussi au Chili, à Hawaii, en Russie et en Arménie. Il a collaboré à l’écriture d’une centaine de publications sur ce sujet, dans des revues spécialisées. Il a également écrit trois ouvrages d’astronomie pour le grand public, dont « L’Astronomie » qui s’est vendu à plus de 40 000 exemplaires.

Arnaud SAINT MARTIN

Chargé de recherche CNRS en sociologie.

Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS/EHESS/Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

Sociologue des sciences, Arnaud SAINT-MARTIN s’est spécialisé dans l’étude des activités, organisations et techniques de l’astronautique. Parmi les terrains et les objets qu’il s’efforce de relier, il explore actuellement les conditions d’émergence et de développement du « NewSpace », entre la Silicon Valley et l’Europe.

Le père de l'astronautique russe, Constantin Tsiolkovsky, disait : "La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie dans son berceau." De fait, la conquête spatiale est quelque chose d'inévitable dès lors que la technologie le permet. Le premier pas sur la Lune a été motivé par la course à l'espace entre soviétiques et américains et, même si l'aspect politique est moins fort aujourd'hui, la motivation demeure et le premier pas sur la planète Mars se fera sans doute dans les décennies à venir, probablement avec un équipage international. La colonisation de l'espace n'est pour, l'instant, pas indispensable à la survie de l'humanité. Mais, dans quelques milliards d'années, le Soleil va devenir une géante rouge qui va gonfler au point d'absorber Mercure puis Vénus et de réchauffer dangereusement la Terre. Celle-ci deviendra inhabitable et, si l'espèce humaine existe toujours à sa surface, elle devra déménager ou périr... La colonisation de l'espace sera alors une obligation.

La colonisation humaine de l’espace est-elle souhaitable ? Quitter le vaisseau « planète Terre » une bonne fois pour toutes est-il bien raisonnable ? Avant même de répondre à ces questions aventureuses, il importe néanmoins d’envisager dans quelle mesure de tels voyages, sans retour ni échappatoire, sont tout simplement possibles. Car si les récits de science-fiction et les projections « inspirantes » et prophétiques d’un Elon Musk laissent entrevoir la promesse d’un futur extra-planétaire pour l’espèce humaine, il n’en demeure pas moins une vue de l’esprit pour « enthousiastes ».  L’expérience physique des vols habités n’est pas la panacée pour la plupart des astronautes, les défis techniques et organisationnels sont immenses (ne serait-ce que pour retourner sur la Lune…), la politique de l’exploration humaine et ses budgets littéralement astronomiques achoppe sur les contingences de la politique plus terre-à-terre des États, qui ne font plus de chèques en blanc aux agences spatiales. Sans vouloir forcément désenchanter ni mettre en question les sympathiques rêveries des entrepreneurs de la nouvelle conquête de l’espace, j’inviterai donc à la prudence vis-à-vis des projets de colonisation de l’espace plus ou moins fantaisistes. Sans pour autant sous-estimer le fait que l’on n’en a pourtant pas fini de (nous) projeter dans l’espace.

 

VACCINATION, CONVAINCRE OU CONTRAINDRE?

SAMEDI 27 JANVIER - 17H00

AIX-EN-PROVENCE - Bibliothèque Méjanes

Annick GUIMEZANES

Immunologiste, chercheuse honoraire Inserm.

Centre d’immunologie de Marseille - Luminy – CIML (AMU/CNRS/Inserm)

Annick GUIMEZANES est titulaire d’une thèse d’État en immunologie. Durant sa carrière de chercheuse, elle a étudié la réponse immunitaire lors des rejets de greffes ou de tumeurs. Depuis 2009, elle participe à de nombreuses formations en immunologie pour les associations de malades, et récemment à des formations sur la vaccination. Au sein du réseau ScienS'As (www.sciensas.fr), elle intervient à la demande d'associations pour une aide scientifique à leurs projets. Annick GUIMEZANES a co-écrit avec Marion Mathieu le livre Vaccination : agression ou protection ? paru en 2015 aux éditions Le Muscadier.

Daniel LEVY-BRHUL

Médecin épidémiologiste à Santé Publique France.

Agence nationale de santé publique.

Médecin spécialisé en santé publique, Daniel LEVY-BRUHL a été consultant pour l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Unicef dans le cadre de la mise en place du Programme élargi de vaccination. En 1986, il a rejoint le Centre International de l’Enfance et en 1997, il est devenu responsable de l’unité des maladies à prévention vaccinale de l’Institut de Veille sanitaire (Santé publique France). Cette unité a comme missions essentielles l’évaluation de l’impact épidémiologique et de la couverture vaccinale des vaccins intégrés dans le calendrier vaccinal. Elle apporte au Comité technique des vaccinations français l’expertise épidémiologique nécessaire à l’élaboration du calendrier vaccinal.

L’obligation vaccinale concernant seulement la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, était une survivance historique, du temps où ces maladies étaient très répandues. La nouvelle obligation vaccinale, a l’avantage de clarifier la situation et de mettre les vaccins importants sur un pied d’égalité. Mais comment la faire accepter en période de doute et de défiance ? En expliquant le système immunitaire, sa réponse aux infections, et comment les vaccins permettent de répondre à une infection plus vite et mieux. L’information permet de faire comprendre, de rationaliser la fonction des vaccins et par conséquent de convaincre. Informés, les gens sauront évaluer par eux-mêmes l’intérêt personnel et altruiste de la vaccination.

L’insuffisance de la couverture vaccinale pour certains vaccins du nourrisson entraine la survenue de cas (graves ?) et de décès qui auraient pu être évités. Cette situation a conduit les autorités de santé à étendre les obligations vaccinales à l’ensemble des vaccinations du nourrisson, sur la base des conclusions du rapport d’orientation de la concertation citoyenne. Cette contrainte a vocation à être remise en cause lorsque la confiance des français envers la vaccination sera restaurée. Cette nouvelle mesure doit donc s’accompagner d’actions destinées à promouvoir la vaccination et répondre aux inquiétudes qu’elle soulève.

 

BIG DATA, MÉDECIN DU FUTUR?

MERCREDI 31 JANVIER - 16H00

MARSEILLE - Bibliothèque Alcazar

Pierre LE COZ

Professeur de philosophie à Aix-Marseille Université.

Anthropologie bio-culturelle, droit, éthique et santé, Assistance Publique – ADES (APHM)/AMU/CNRS/ EFS/MCC).

Après une agrégation de philosophie, Pierre LE COZ s’est intéressé aux questions d’éthique médicale. Professeur à la faculté de médecine de Marseille, ses enseignements et ses travaux de recherche portent sur la philosophie morale, la bioéthique et l'éthique médicale.

Pierre LE COZ est membre du comité de pilotage de l’Espace régional de réflexion éthique PACA. Il a participé aux travaux du Comité consultatif national d'éthique et préside le comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). Il a réalisé trois ouvrages, dont Le gouvernement des émotions (Albin Michel, 2014).

Jean-Charles DUFOUR

Maître de conférences et Praticien Hospitalier.

Sciences économiques et sociales de la santé et traitement de l’information médicale (AMU/Inserm/IRD).

Jean-Charles DUFOUR est médecin de santé publique spécialisé en informatique médicale et bio-statistiques. A l’issue de sa formation de médecine générale, il s’est spécialisé en santé publique et médecine sociale. Il dirige un projet de recherche (nommé ApiAppS) sur l’aide à la prescription d’applications et de dispositifs mobiles en santé (mHealth). Ce projet vise à évaluer l’impact de ces outils sur la relation patient-médecin.

À l'APHM, Jean-Charles DUFOUR travaille sur l’utilisation de la technologie Identification RadioFréquence RFID pour améliorer les pratiques, la traçabilité des soins et l’exploitation des bases de données de microbiologie pour venir en aide au Comité de lutte contre les infections nosocomiales.

Selon une enquête récente (Ipsos, 2017), si les médecins ont bien intégré l’évolution numérique de leur profession, ils sont près de 40% à se déclarer inquiets de l’impact des nouvelles technologies sur l’exercice de la médecine. Un des motifs de cette inquiétude est partagé avec les patients ; il concerne la sécurité des données et, par conséquent, la confiance, qui est le pilier de la relation soignant/soigné. En effet, en changeant de coordonnées spatio-temporelles, l’information médicale semble se mettre à « flotter » dans un espace virtuel aux contours indéterminés. Le respect de la confidentialité s’en trouve fragilisé dans la mesure où plus les données sont numérisées, plus elles sont facilement exploitables par des tiers, voire des organismes de contrôle, des assureurs ou des employeurs potentiels. L’histoire, en effet, montre qu’en dépit des précautions prises par les concepteurs, des risques de rupture de confidentialité existent. Par ailleurs, on peut s’interroger sur la durée de conservation de ces informations. Comment le patient pourrait-il les contrôler puisqu’elles seront produites automatiquement, sans qu’il s’en aperçoive ? Le CCNE a résumé la problématique à travers une question : « Quel prix sommes-nous prêts à payer pour rendre la vie plus sûre ? »  

Les « Big data » regroupent un ensemble de technologies et de méthodes mises en œuvre pour gérer et analyser de très grandes masses de données, souvent hétérogènes et colligées continuellement. Dans le domaine de la santé, comme ailleurs, elles sont une autre façon d’appréhender une situation. Elles, donnent la possibilité de rendre compte et d’étudier différemment un phénomène, de répondre à des questions de recherche ou d’en identifier de nouvelles, de mener des enquêtes en population, de percevoir et de tenir compte des caractéristiques individuelles d’un patient. Plus qu’ailleurs, dans le domaine de la santé, des choix éthiques et stratégiques doivent s’opérer concernant l’usage de ces données. L’enjeu est aujourd’hui d’accompagner ces techniques pour les intégrer efficacement dans la formation des professionnels, la recherche médicale, dans la prise en charge et le suivi cohérent des patients et, plus globalement, dans notre système de santé.

 

PEUT-ON SE PASSER DES PLASTIQUES?

MARDI 6 FÉVRIER - 18H00

GARDANNE - Médiathèque Nelson Mandela

Denis BERTIN

Professeur en Sciences du Sport et des Matériaux à l’Université d’Aix-Marseille.

Institut des sciences du mouvement - Etienne-Jules Marey - ISM (AMU/CNRS)

De formation ingénieur chimiste, Denis BERTIN a travaillé au sein d’un grand groupe pétrochimique, puis a dirigé un laboratoire de recherche en chimie des polymères pour des applications dans les domaines de l’énergie, de la santé et de l’environnement.

Bernard PETIT

Membre du bureau national et co-délégué Occitanie du Réseau Environnement Santé (RES).

De formation ingénieur en Chimie Industrielle, Bernard PETIT a mené sa carrière durant 35 ans dans des grands groupes industriels des caoutchoucs et des plastiques comme responsable Recherche & Développement matériaux.

Lanceur d’alerte à l’égard du bisphénol A et de certains biocides dès la fin des années 90, dans le cadre de ses missions professionnelles, il a rejoint le RES dès sa création en 2009 dans le combat contre les perturbateurs endocriniens.

Les polymères, communément appelés plastiques sont présents dans notre vie quotidienne et sont devenus indispensables. Majoritairement d’origine fossile, ils peuvent aussi provenir de bioressources ou de recyclage. Les plastiques ont permis de nombreux progrès dans de multiples domaines indispensables au bien-être de l’être humain. Néanmoins, des inconvénients sont bien présents qu’il faudrait anticiper en amont des autorisations de commercialisations. Une question majeure reste la notion de progrès pour l’être humain et son acceptabilité par ce dernier. Sans les plastiques, des domaines comme la santé, l’environnement, le développement durable… n’auraient pas pu être satisfaits et ils permettent à l’être humain de vivre dans de meilleures conditions : quelques exemples les implants, la régénération nerveuse, les membranes de filtration, les textiles et bien sûr majorité des activités de loisirs... 

Les plastiques sont des matériaux encore assez mal connus du public, sur le plan de leurs caractéristiques, alors qu'ils sont apparus depuis la fin de la seconde guerre mondiale (environ 70 ans) et qu'ils font partie aujourd'hui de notre quotidien. S'ils sont devenus indispensables dans de nombreux domaines en raison de leur légèreté (transports, bricolage, sports…), de leur résistance chimique (certains emballages, canalisations…), ils sont en revanche très envahissants comme déchets non recyclables au point de créer un 7ème continent dans les océans avec un effet boomerang sur la biodiversité et notre alimentation. Tout n'est pas rose quant à leur composition en raison des nombreux additifs techniques employés, comme les perturbateurs endocriniens.  Enfin, étant d'origine pétrolière fossile, est-il bien raisonnable de continuer à les gaspiller de cette manière ?

 

PHOTOGRAPHIE DU RÉEL,
TÉMOIGNER OU METTRE EN SCÈNE?

MERCREDI 7 FÉVRIER- 18H00

MARSEILLE - Fonds Régional d'Art Conteporain PACA

Arnaud DU BOISTESSELIN

Photographe

Photographe publicitaire, puis pour la presse, il travaille pour Vogue, Vanity Fair, House & Garden, World of Interiors, Condé-Nast Traveller… Arnaud DU BOISTESSELIN a publié de nombreux ouvrages notamment sur l'architecture et le patrimoine des villes du bassin méditerranéen avec l’Institut national d’histoire de l’art (INHA-CNRS USR 3103) et l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO). Il a exposé à plusieurs reprises dans des musées et des galeries, en France et à l'étranger. Son travail porte sur l'homme, son habitat, sa vie sociale.

Charlotte FLOSSAUT

Fondatrice et directrice de la foire de photographie documentaire, What’s Up Photo Doc.

Lancée en 1986 par Alexander Lierberman, directeur artistique de Vogue Américain, dans une carrière de mannequin internationale, c’est au contact de grands photographes que Charlotte Flossaut s’initie à la photographie. Passionnée par ce langage d’images, elle devient tout d’abord agent de photographes puis organise plusieurs expositions et constitue des collections. En 2012 Charlotte Flossaut se voit confier la Direction Artistique du salon PHOTO OFF créé par Eric Fantou, qu’elle positionnera pendant trois éditions sur une photographie engagée, connectée aux réalités du monde. C’est en 2015, année marquée par les attentats de Paris, qu’elle créé What’s Up Photo Doc, la foire internationale de photographie documentaire

La photographie documentaire est le contre-champ de la photographie d’actualités ; une prolongation de l’instant par son positionnement et son développement. C’est le contexte replacé, le paysage d’une action définie et convenue d’une actualité obligée à l’immédiateté, la photographie documentaire montre et explique. Le pouvoir des images est d'autant plus grand que ni leur lecture ni leur écriture ne sont enseignées. Tout le monde produit des photographies avec la facilité que permet la technologie moderne mais que contiennent-elles ? Ce colossal corpus iconographique est-il documentaire ou simplement le reflet de ce que notre époque voit d’elle-même ?

La photographie du réel est de fait la plus pratiquée aujourd’hui compte tenu de ses multiples accès techniques modernes, démocratisés par nos téléphones et autres tablettes depuis quelques années, au-delà des démarches déjà référencées de photo-journalisme et photo-documentaire.

Ces nouveaux outils ont eu pour effet de maintenir un intérêt permanent et intensif pour « l’événement quotidien », où les vies de tout un chacun (auto)scrutées et (auto)décortiquées deviennent de nouveaux théâtres environnementaux de l’intime.

Nous assistons dès lors à une intensification des points de vue du réel, selon des approches bien distinctes.

Celle précédemment énoncée de type compulsive de partage de l’instant est à dissocier de celles déjà établies du photo-journalisme et photo-documentaire où s’exprime un propos engagé en conscience, l’un en témoin, l’autre en acteur de la réalité où la mise en scène ne serait qu’un moyen et non une intention.

 

CONSERVATION DES OVOCYTES,
UN PROGRÈS SOCIAL?

JEUDI 15 FÉVRIER- 18H00

MARSEILLE - Espace Éthique Méditerranéen

Catherine METZLER-GUILLEMAIN

Professeur des Universités, Praticien Hospitalier, chef de service de biologie de la reproduction-CECOS de l'hôpital de La Conception.

Centre de génétique médicale de Marseille, (AMU/Inserm)

Catherine METZLER-GUILLEMAIN est Professeur de biologie et médecine du développement et de la reproduction à Aix Marseille Université, et responsable d'enseignement de la discipline à la faculté de médecine. Ses travaux de recherche sont centrés sur la gamétogenèse humaine, et l'assistance médicale à la procréation avec don de gamètes.

Lionel DANY

Professeur de psychologie sociale à l’Université d’Aix- Marseille.

Anthropologie bio-culturelle, droit, éthique et santé, Assistance Publique – ADES (APHM/AMU/CNRS/ EFS/MCC).

Professeur de psychologie sociale à Aix-Marseille Université, directeur du master de psychologie sociale de la santé, Lionel DANY travaille également dans le service d’oncologie médicale du CHU de la Timone. Actuellement en délégation CNRS au sein de l’UMR ADES, il participe aux travaux de l’espace éthique Méditerranéen. Ses travaux portent en particulier sur l’expérience psycho-sociale de la maladie.

La possibilité d'autoconservation "de précaution" des ovocytes pour les femmes peut être pensée comme un progrès et une preuve de libération de la femme. Au-delà des positions de principe et partisanes, nul ne peut nier que cette perspective potentielle soulève de nombreuses questions. On peut citer notamment l'utilisation élargie des protocoles d'induction de l'ovulation, le stockage de nombreux ovocytes pour une proportion probablement faible de femmes qui les utiliseraient, une gestion à long terme des ovocytes conservés et un coût certain, et un encouragement tacite à retarder un projet parental. La richesse des débats sur le sujet guidera les femmes dans leurs choix et leur parcours de vie.

La question de la conservation des ovocytes, comme bien des questions de bioéthique, active des enjeux sociétaux qui dépassent de loin les seules questions médicales (risques potentiels) ou techniques (faisabilité). Les demandes sociétales d’accès à l’assistance médicale à la procréation se heurtent à des obstacles, qui sous couvert de réflexion éthique, disséminent également des valeurs concernant la famille ou la filiation. Il semble que l’on accepte plus facilement, dans nos sociétés ; l’incertitude liée à la paternité que celle associée à la maternité, enfermant de fait, les femmes dans un statut de « mère biologique ». La conservation des ovocytes constitue un point de rencontre de débats et enjeux qui articulent « logiques » biologiques et sociales. Les décisions prises dans ce domaine peuvent être appréhendées comme des phénomènes de discrimination fondés sur un ordre symbolique.

 

LE NUMÉRIQUE ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES
FACE À L'IMPASSE ENVIRONNEMENTALE:

PORTE DE SORTIE OU FUITE EN AVANT?

SAMEDI 17 FÉVRIER- 16H00

AIX-EN-PROVENCE - Bibliothèque Méjanes

Emmanuel PRADOS

Chargé de recherche à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA).

Emmanuel PRADOS est responsable de l'équipe de recherche STEEP (Soutenabilité, Territoires, Environnement, Economie et Politique). Cette équipe développe des outils numériques d'aide à la décision pour les acteurs territoriaux. Son objectif : arriver à identifier des leviers d'action qui permettraient de mettre en œuvre les transitions de société qui sont désormais nécessaires pour les prochaines décennies.

Mustapha MOKRANE

Directeur exécutif World Data System (WDS), Conseil International pour la Science.

Institute of Information and Communications Technology.

Docteur en biologie moléculaire (Aix-Marseille Université), Mustapha MOKRANE dirige le programme WDS qui regroupe des organisations dont la mission est de partager et préserver les données de la recherche afin qu'elles soient exploitées au mieux en particulier dans le cadre de la recherche inter et transdisciplinaire. 

Suivant une dynamique de croissance exponentielle dans un monde fini, l'humanité est aujourd'hui confrontée à un enchevêtrement de difficultés sans précédent. Les limites environnementales ayant déjà été dépassées, très largement et de manière irréversible, les conséquences sociales, sanitaires, économiques, géopolitiques et humanitaires risquent d'être très vite dramatiques.

Face à cette situation, les stratégies misent en œuvre par les états reposent uniquement ou presque sur le développement de nouvelles technologies portées elles-mêmes par la révolution du numérique. Ces stratégies, bien « pratiques » aujourd’hui pour tout le monde, permettent de ne pas remettre en cause nos modes de vie ainsi que le système socio-politico-économique existant.

La "solution" technologique soulève cependant un grand nombre de problématiques et de questionnements : effets « rebond », complexification et accélération de la société ; pollutions, problèmes de ressources ; numérique non soutenable dans sa forme actuelle. Quelles seront les conséquences de ce choix ?

L’humanité suit deux (r)évolutions majeures qui semblent contradictoires !

D'abord l’Anthropocène : notre civilisation est en effet entrée dans cette époque folle où l’influence humaine prend le dessus sur les autres forces de la nature. Elle bouleverse durablement les équilibres des systèmes de notre Terre, y compris les écosystèmes dont la vie même dépend. Le réchauffement climatique et la perte de biodiversité sont quelques-uns de ces changements globaux auxquels l’humanité doit s’adapter aujourd’hui. 

Ensuite, la Révolution des Données : les avancées techniques et technologiques formidables nous ont doté d’une capacité inégalée d’observer et de comprendre la Terre. Les données sont nombreuses, diverses et acquises rapidement. Porté par les technologies numériques, l’intégration des données scientifiques, l’exploitation du Big Data et de l’Intelligence Artificielle ouvrent des perspectives inédites mais soulèvent aussi des défis considérables. Cette Révolution des Données nous permet d’appréhender les enjeux environnementaux de l’Anthropocène comme jamais auparavant et d’envisager ainsi les « bonnes solutions » pour atténuer les conséquences néfastes des changements globaux et surtout pouvoir atteindre les Objectifs de Développement Durable d'ici 2030.